Changement climatique, quel impact sur les activités d’assurance ?

03/03/2020

 

Les primes des contrats d’assurance sont investies dans des placements (les « réserves ») servant à couvrir les provisions techniques. Si un sinistre survient, l’assureur utilise ses réserves pour régler le sinistre.

La solvabilité d’un assureur, sa capacité à régler les sinistres futurs, peut ainsi être impactée par un niveau de sinistralité supérieur aux provisions techniques calculées, ou par une perte financière.

Imaginons qu’un assureur place une partie de ses actifs dans une entreprise dont l’outil de production est situé dans une zone où il assure un événement de type catastrophe naturelle. Si cet événement survient, il devra faire face de manière simultanée à un sinistre à régler et à une perte financière sur ses placements.

Ce risque – une « corrélation » entre l’actif et le passif – est potentiellement déjà présent dans les portefeuilles, mais pas forcément identifié.

 

Le changement climatique est finalement un risque du même type que cet exemple simple :

1- Le changement climatique augmente le risque de perte sur les actifs

Ce risque sur les actifs est de plusieurs types :

  • Un risque comportemental – si tous les investisseurs sortent d’un secteur donné, par exemple l’extraction de charbon, la valeur boursière de ce secteur baissera
  • Un risque réglementaire – si le régulateur ou les politiques impose par exemple une taxe carbone, les sociétés les plus impactées verront là aussi leurs valeurs boursières baisser
  • Un risque physique – si tout ou partie de l’outil de production est dans une zone à risque, le risque de perte doit être pris en compte

2- Le changement climatique peut conduire à rendre inassurable une partie des risques

Le principe même de l’assurance repose sur la notion d’aléa et la mutualisation. Si le changement climatique rend, par exemple, les sécheresses certaines dans une zone géographique, alors ce type d’événement dans cette zone ne sera plus assurable.

 

Le changement climatique est donc un double risque pour le secteur de l’assurance,

  • un risque de solvabilité non pris en compte dans les modèles réglementaires actuels – d’où l’émergence de stress-tests climatiques, actuellement via des modèles simples, mais à notre sens amenés à évoluer profondément dans les années à venir
  • un risque de pérennité de l’activité même d’assurance – risque que les assureurs devraient chercher à contrer, en participant à la lutte contre le changement climatique via leurs stratégies de placement.

 

 

[NF]